LIVRE : LA FAMILLE BUISSONIERE, Marie GERVAIS

« A l’heure où beaucoup se demandent quelle planète nous laisseront à nos enfants, il serait bon de se demander quels enfants nous laisseront à notre planète. » Pierre RABHI

Un livre qui commence par une citation de Pierre Rabhi et qui nous propose de devenir « LA FAMILLE BUISSONIERE » , de sortir, de lâcher les écrans, d’oublier les emplois du temps surchargés et les activités minutées, de redécouvrir les bienfaits du jeu libre dans la nature… De nous plonger, en réponse, dans une vie plus autonome, plus réfléchie, plus intense, plus humaine, plus ancrée dans le vrai monde qui nous entoure et nous nourrit…

Je crois que déjà là, on peut se dire que le livre de Marie GERVAISsi je ne l’ai pas coécrit, est au moins juste fait pour moi ! Je pourrais même republier directement mon article LUI APPRENDRE A MARCHER AVANT DE COURIR que j’aurais tout à fait pu écrire après avoir lu ce livre. Mais non c’était avant et pourtant on se rejoint sur un tas de choses.

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L’idée générale est assez simple… Nous faire prendre conscience que le monde extérieur n’est pas dangereux, qu’enfant nous jouions dehors, sans être constamment sous le regard d’un adulte (et stop, oui le monde est en mouvement et change, mais depuis mes 10 ans, en 25 ans donc, je ne trouve pas qu’il y ait vraiment plus de dingues… Ils étaient là et seront toujours là), à l’époque on se construisait en expérimentant, en nous confrontant à la nature et que c’était chouette,  voir même carrément bénéfique à notre développement moteur, physique et mental. L’auteure essaie juste de redonner confiance et envie aux parents d’explorer le monde, d’en faire l’expérience en vrai plutot qu’enfermé chez soi.

SE PLONGER DANS LA VIE EN VRAI ! 

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Alors je pourrais peut-être quand même ajouter un chapitre de plus… Il y est beaucoup question (essentiellement) de faire l’expérience de « la nature verte »,  si je puis dire, comme si c’était le meilleur, la seule solution, ce qu’il faut faire… Attention le livre n’est en rien culpabilisant ! Loin de là… D’ailleurs si vous le lisez c’est que vous êtes déjà dans cette démarche de sortir de chez vous. Mais je crois qu’on ne devrait pas se restreindre à cette nature présentée et élargir simplement au MONDE EXTERIEUR.

Pour notre part, nous vivons à Paris par choix et par envie (enfin les miennes bien évidemment) j’ai tendance en ce moment à suivre Charlie dans ses besoins de nature, mais nous ne négligeons pas pour autant notre environnement proche, celui qui nous nourrit et nous construit au jour le jour ! Celui que l’on arpente du matin au soir, qui nous grignote de l’intérieur parfois, qui nous fait aimer les week-end loin de là, mais que nous ne quitterions définitivement pour rien au monde.

 Ici, La ville, Paris, avec son lot de béton, de belles ou moins belles pierres, de « green warrior », de sorties culturelles et « caféinées » bien plus que nature au sens propre, c’est notre Monde à  explorer et expérimenter, celui qui commence juste derrière notre porte !

Puis il est vrai que nous avons aussi la chance de pouvoir partir souvent à la campagne ou en week-end prolongé à droite à gauche… Alors on en profite.

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Marie GERVAIS pose aussi la question du temps… Elle propose de ralentir et d’arrêter de confondre temps « libre » et temps « à remplir » : elle dit non aux activités programmées jusqu’à plus soif, laisser à nos enfants le plaisir d’être dans leur chambre, de rêvasser, offrir la possibilité de chercher quoi faire et le temps de jouer librement.

Laisser à nos enfants le temps d’être… des enfants ! 

De s’ennuyer… L’ennui, cette notion qui nous fait peur et que l’on veut retirer à nos petits ! Ce besoin si important, les laisser apprendre à s’occuper eux-même plutôt que fournir une activité au moindre signe d’ennui ! Rendre la liberté de flâner, de trainer… De ne rein faire ! Arrêter enfin cette culture du « trop » (trop de choses, trop d’activités, trop de choix, trop d’informations, trop vite, trop tôt…) pour éviter de les stresser si jeune.

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Puis elle nous amène à réfléchir  en nous demandant si nous préférons préparer nos enfants au monde, les y ouvrir ou plutôt chercher à les en protéger ! 

C’est une notion que j’essaie de mettre en place un peu plus chaque jour… Ouvrir Charlie au monde, le laisser grandir sans moi, le laisser faire tout seul, plutôt que l’enfermer dans nos (mes) peurs ! (Et oui même s’il ne va pas à l’école !)
Ne pas lui dire que le monde est dangereux, que les gens sont fous, que rien ne va plus, qu’il faut toujours rester près de maman, qu’il peut tomber, se faire mal, se faire enlever, renverser, fusiller… J’ai conscience de tout ça, croyez moi, vraiment vraiment bien conscience !
Mais non je ne lui dis pas… je le laisse s’éloigner de moi, courir loin devant, faire du vélo dans Paris à coté du mien… et tout ça même si les gens autour me prennent pour une folle inconsciente qui ne devra pas venir pleurer le jour où il arrivera quelque chose (je l’ai déjà eu en commentaire rassurez-vous !) Je le vois (presque) toujours, j’applique ce que Louis Espinassous (dans son livre Pour une éducation buissonnière) appelle « veiller » et non « surveiller ». J’ai une réelle confiance en Charlie et sa capacité à évaluer les risques malgré son jeune âge ! Je m’adapte quand même à ses 33 mois bien évidement !

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Louis Espinassous, auteur que je vous recommande vivement, propose d’interdire au minimum, tout en définissant 3 zones : – à portée d’oeil, / – à portée de cris de d’oreilles, / – et du domaine des explorations (le lointain où l’on part accompagné des adultes)
Notre rôle est selon lui de trouver et/ou de créer des environnements propices aux 2  premières zones, dans lesquels les enfants se sentiront libres de construire leur univers et de les accompagner humblement dans la 3ème zone.

Je fais le choix d’apprendre à Charlie à se gérer, à faire attention à lui, plutôt que le faire à sa place ! Je mesure les risques et quoiqu’on en dise il y a beaucoup de choses que l’on ne maitrisera jamais, Alors je préfère le laisser découvrir par lui-même, le préparer au monde, l’y ouvrir plutôt que chercher à le protéger de ce que je ne peux pas ! Je lui dis, et il sait, que je suis toujours là s’il a besoin mais qu’il a en lui déjà tout ce qu’il lui faut !

J’essaie de lui permettre d’utiliser et d’avoir confiance en ses propres ressources internes, ne plus dépendre de l’adulte pour savoir quoi faire et comment faire !

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Le livre est découpé en 3 parties :

  • Un rapport altéré à la nature… quelques pages pour poser le décor, nous faire prendre conscience des vies que l’on vit et nous amener à accepter le fait que le monde extérieur n’est pas dangereux !
  • Des activités buissonnières… Quelques pistes pour ne plus passer de « l’intérieur à l’intérieur » , de la maison à l’école en passant par la voiture et inversement le soir, pour ralentir / bouger, protéger / risquer, développer son attention / libérer son énergie…
  • Des listes… à faire, à vivre, à réfléchir, à échanger, à discuter.

En bref un livre que j’ai beaucoup aimé et que je pense souvent feuilleter !

Puis pour terminer comme dirait Marie GERVAIS

Laissons les enfants gambader, grimper, explorer, creuser, cueillir, attraper, jardiner, cuisiner, sauter, courir, glisser, bricoler, buller…
Laissons-les sentir, goûter, cracher, se griffer, tomber, s’écorcher, expérimenter, observer, essayer, recommencer, écouter; Laissons-les aussi attraper une fourmi, et s’étonner que, malgré leur délicatesse, elle soit toute écrasée…
Laissons les vivre la nature, laissons les l’aimer…

Et pour cela surtout…

Bougeons, sentons, écoutons, créons du lien, soyons cohérents avec nos valeurs, soyons actifs et motivants !
Ayons les pieds sur terre et la tête dans les étoiles : développons des racines et continuons, le nez en l’air, à rêver et à nous émerveiller…

Soyons inspirants !

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8 réflexions sur “LIVRE : LA FAMILLE BUISSONIERE, Marie GERVAIS

  1. debobrico dit :

    C’est très vrai, mais en même temps j’ai l’impression que c’est juste du bon sens. En voulant trop intellectualiser l’éducation de nos enfants, je trouve qu’on s’éloigne du sens même de l’enfance.
    Ici à la campagne, on est dans des schémas simples, aller à l’école à pied, jouer dans le jardin ou dans les bois, on ne le fait pas parce que c’est important pour l’enfant on le fait juste parce que c’est simple et pour se faire plaisir.
    Je te rejoins tout à fait sur le fait de ne pas surprotéger, mon rôle j’ai l’impression que c’est de sécuriser mes enfants mais pas de les empêcher de tomber, de se salir. Tout semble être devenu dangereux, par exemple j’attends des dizaines de « attention, oulala c’est dangereux » quand ma fille se promène avec un grand bâton ramassé de sa promenade… un bâton!!! Le pire c’est cette phrase entendue au parc, une maman qui a dit à son fils en parlant du mien « par contre tu n’escalades pas comme ce petit garçon: je n’ai pas envie que tu meurs moi »…. Moi qui pensais que les jeux d’enfants étaient fait pour escalader..
    Bref… comme dirait une copine à moi, on est des parents « décomplexés du drame »… et ça me va comme ça.

    • Galex la Fée dit :

      J’adore la phrase de ton amie « des parents decolplexes du drame » 🙂 ca me ca aussi !

      Nous c’est logique mais pas si naturel de sortir vraiment en forêt ou dans des lieux libres (j’entends pas les parcs structurés!) parce que ca demande d’aller plus loin ou simplement parce que tout est tres normé.

      Mais c’est chouette aussi :)))

      Par contre oui les gens sont fous !!!! Cette semaine il pleut… Charlie jouait sous une gouttière (bon ok il a pris une douche volontairement en dessous) et une maman est venue le voir en le tirant par le bras et en lui disant « mais elle où ta maman tu vas attraper la mort ! » Ahah ahah au moins ca !
      Il a fallu que j’explique… Et dire à cette maman qu’il avait le droit ce n’était pas grave !

  2. anel dit :

    J’aime beaucoup ton article et m’y retrouve beaucoup. C’est rassurant en même temps de voir qu’un livre « nous donne raison ». Je passe un peu pour une barje auprès de mes amies à « laisser » ma grande de 6 ans grimper dans les arbres, revenir pleine de terre, la laisser jouer dans un buisson parce que c’est son QG ou sa maison cachée, que je ne panique pas pour une petite chute à vélo. Ha oui et je ne me jette pas sur ma 18 mois quand elle a la bouche pleine de sable (elle finira pas comprendre que ça n’est pas bon) ou qu’elle décide d’imiter sa sœur dans les arbres. Être à une certaine distance ne veut pas dire que nous sommes des parents moins vigilants, on les surveille nos petites têtes blondes et on intervient si besoin. Juste les laisser vivre et découvrir et leurs laisser cette impression de liberté qu’ils aiment tant et qui les rend plus confiants je trouve.

  3. Marie Gervais dit :

    Bonjour

    un grand merci pour ce bel article, avec votre témoignage de « maman parisienne » 😉
    (oui, il est vrai que je n’ai pas fait de chapitre sur la vie en ville, ce n’est pas un manque de volonté mais un manque d’espace, sans mon éditrice, mon livre aurait fait 1000 pages :D)

    Combien de fois ai-je entendu des parents croisant mes enfants : « ouhlala c’est vraiment pas prudent de le laisser faire ça ! » ? Mon fils s’est même déchiré la cornée un jour en jouant avec un bâton dans les bois… et pourtant on n’a rien changé à nos habitudes après ça… Face aux gens sans-gêne on a appris à ne pas réagir, à laisser couler et ignorer…
    Si on ne fait rien, dans quelques années les cours d’école seront en mousse, les murs couverts de papier bulle, nos enfants auront des vêtements qui amortissent les chutes, et les balançoires seront interdites. Mais j’ai de l’espoir car je vois de + en + d’articles et de blogs sur internet allant dans le sens de ce que je défends dans mon livre, et ça me rassure !
    Parce que, comme dit Debobrico, « c’est juste du bon sens !!!! »
    (malheureusement, j’ai appris par expérience au cours de ces années qu’il était devenu urgent de rappeler « le bon sens » aux adultes…)

    Marie

    • Galex la Fée dit :

      Bonjour Marie,
      Merci beaucoup pour votre petit mot.
      1000 pages vous dites ? Mais il faut une tome 2 alors 🙂 J’ai pris beaucoup de plaisir à lire votre livre, certes je faisais déjà partie des convaincus mais comme vous le dites si bien parfois juste se redire les choses, rappeler « le bon sens » ça fait du bien !
      IL y a aussi de chouettes idées que vous partagez dans la partie « pratique » auxquelles on ne manquera pas de penser quand on sèche un peu.

      Merci pour ce joli livre… Il m’a fait de l’oeil dès sa sortie… J’ai mis quelques semaines avant de l’acheter, j’en avais d’autres à lire avant, sauf qu’un jour j’ai craqué et je ne l’ai plus lâché !

      Beau week-end

  4. Emerveilleuse dit :

    Bravo, j’aime beaucoup cet article qui m’amène à réfléchir à ce sujet qui n’est pas encore mien, mais qui ne tardera pas à l’être, qui le sera en tout cas assez vite, mon petit N. ayant déjà deux mois et demi.
    Je rejoins ta pensée et je suis contente que ton article m’apporte réflexion et concrétisation, conformation.

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